Hommage de Jacky Darne à Hélène Bellot

Une incomparable et infatigable amie vient de nous quitter : Hélène Bellot

Qui peut imaginer Rillieux-la-Pape sans Hélène Bellot ?

J’ai connu Hélène et Pierre, son inséparable conjoint, son complice de tout et qu’elle aimait tant, vers la fin des années 60.

Nous nous sommes rencontrés sur beaucoup de sujets : sa sensibilité particulière à l’environnement, bien avant qu’elle ne soit largement partagée ; une vraie volonté de promouvoir une véritable démocratie : écouter, entendre les points de vue, agir avec d’autres ; ne jamais être démagogue : dire quelque chose pour faire plaisir, pour convaincre, alors qu’on ne le pense pas, était une attitude étrangère à Hélène.  Sa sincérité et sa franchise étaient de tous les instants.

Hélène était le contraire de celui qui parle d’abord et réfléchit ensuite : toujours elle lisait, écoutait, pesait le pour et le contre, avant de décider ou de s’exprimer,  son sérieux étonnait.

Et ce sérieux elle le mettait dans toutes les actions qu’elle entreprenait : que ce soit pour opter  pour une motion de congrès du PS ou  pour répartir  les tracts à distribuer aux militants (elle se servait du pied à coulisses !), ou encore pour décider d’une action.

La vie d’Hélène fut bien remplie et chargée, tout autant de grandes joies que de peines, mais qui l’a entendu se plaindre ?

Sa vie militante ne commença pas par la politique. Elle avait passé 5 ou 6 ans chez Rhodiacéta comme chef d’atelier et elle m’en parlait parfois, ce passage l’a formée et marquée. Elle participa au groupe de réflexion Vie Nouvelle. Mais très vite s’engagea dans l’action locale. Son premier mandat de conseillère municipale de Rillieux (pas encore Rillieux-la-Pape) fut avec M. Vernay, maire,  de 1964 à 1971. Puis elle s’engagea pour toujours au parti socialiste dès sa création, en 1971, et anima sans  relâche l’action des socialistes dans la commune.

Durant deux mandats, 1983-1989 puis 1989-1995,  elle redevint conseillère municipale, élue sur les listes conduites par  Michel Brosset (1983)  et moi (1989). Cette élection de 1989 fut terrible. Non seulement parce que nous avons perdu (4 894 voix pour Marcel André  et 4 674 pour nous) mais surtout parce qu’à l’issue du scrutin, alors que nous nous retrouvions à la MJC, rue général Leclerc,  Hélène, en traversant, fut renversée par une voiture. Elle fut gravement blessée, elle fut emmenée aux urgences et il lui fallut un an de rééducation pour récupérer, partiellement, ses capacités physiques.

Promotrice d’actions sociales : c’est ce que nous avions indiqué sur le bulletin de vote pour les élections municipales de 1989, sous le nom, en troisième position, d’Hélène Bellot,  je crois que cela définissait bien sa place dans la ville. La fonction que remplissait  alors Cogelore lui doit beaucoup.

Il ne m’appartient pas d’évoquer en détail sa vie  familiale mais je sais l’importance qu’elle a toujours eue.  Elle eut, avec Pierre, quatre enfants Annick, Jean-Lou, Georges et Marc. Georges hélas partit trop jeune. Je garde un souvenir particulier d’Annick : à la demande d’Hélène ce fut le premier mariage que j’ai célébré comme officier d’état civil !

A Pierre et aux enfants je dis, qu’ils peuvent être fiers d’avoir eu une mère comme Hélène,  militante de toujours, toujours engagée au service de tous, toujours présente dès qu’il fallait agir pour défendre ce en quoi elle croyait : des valeurs de solidarité, de compréhension, de justice. Et nous tous qui l’avons connue savons la grandeur de cette femme que nous avons aimée.

Jacky Darne