Maçons à vos truelles ! Tribune libre de Jacky Darne

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Tribune Libre de Jacky Darne :

Maçons à vos truelles !

Ancien premier secrétaire de la fédération du Rhône du parti socialiste (et ancien maire de Rillieux-la-Pape, ancien député, ancien vice-président du Grand Lyon)

 

Chacun sait que François Mitterrand n’était pas communiste et qu’il y avait des ministres communistes au gouvernement.  Moins nombreux sans doute ceux qui se souviennent qu’au congrès d’Epinay, en 1971, les analyses étaient très divergentes entre ceux qui fondèrent le PS. Ce rappel seulement pour dire que, dans notre histoire récente, il y a aussi eu, à gauche,  bien des difficultés, bien des surprises mais aussi des solutions.

 

Aujourd’hui il est nécessaire de se garder d’approches qui conduisent à des impasses :

 

  1. Dire que finalement les divergences ne sont pas si grandes que cela, d’Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon, et que l’on peut trouver des accords électoraux, tant pour l’élection présidentielle que pour les législatives, c’est nier l’importance des différences d’analyses, faites par des personnes que l’on peut toutes considérer comme de bonne foi.
  2. Dire que parce que les différences sont réelles les « gauches », ou ceux qui voient autrement les clivages (Macron), sont irréconciliables, qu’il n’y a rien d’autre à faire que de construire des chapelles distinctes. Cette posture conduit tout droit à la quasi disparition de tous, tant la division extrême est perdante. Elle ouvre un boulevard à ceux qui veulent transformer notre société soit en un marché soit en une citadelle.
  3. Penser que le principal c’est de sauver les partis et les structures existantes afin de garder des sièges aux législatives, parce que l’on pense qu’ensuite la droite sera à son tour impopulaire, et qu’alors le retour au pouvoir sera possible, c’est la négation même de la politique. C’est agir pour des places.

 

Il convient ensuite de vérifier si l’on est d’accord sur trois analyses de l’évolution politique du pays et des rapports de force :

  1. La droite, l’extrême droite et le populisme, dans un contexte de crise mondiale (économique culturelle, démocratique) voient l’audience de leurs valeurs progresser dans les opinions françaises, européennes, mondiales (Pologne, États-Unis, Autriche, des exemples parmi tant d’autres).
  2. Le pouvoir est diffus ; personne ne croit que le respect des promesses du maire comme celles du président de la république française ne dépendent que de leurs propres décisions. Le poids des très grosses entreprises, du système financier, des entités supranationales (Europe, accords internationaux) fait que, sur bien des points, nous subissons. Nous gardons des marges de manœuvre mais il faut dire lesquelles et comment elles sont mises en œuvre.
  3. Le besoin de changement est constant car l’évolution des  techniques, des relations, des pensées et des comportements font qu’en permanence il faut adapter les organisations et les modes d’action. Or nos partis ont un fonctionnement qui est à peu près le même depuis 50 ans. Le décalage entre les réponses de ces organisations politiques et l’attente des gens croît.

 

Quelles réponses ?

  1. D’abord avoir une posture respectueuse de tous et attentive, n’injurier ou ne cataloguer personne. Cela permet de ne pas minimiser les divergences d’analyse mais ouvre un espace possible de négociations pour trouver des compromis de gestion.  De l’entreprise aux familles, il ne manque pas de lieux où les oppositions sont parfois fortes mais  où des d’accords, résultant de négociations, évitent    l’échec.  Un compromis ce n’est ni manger son chapeau, personne n’a à renoncer à ses idées, ni imposer ses vues à tous.  En 1945 (le Conseil National de la Résistance réunit syndicats et partis allant du parti communiste aux démocrates populaires) comme en 1981 (programme commun d’abord puis gouvernement très pluriel)  ce fut cela.
  2. Laissons passer les primaires organisées par le Parti socialiste, elles sont enclenchées et permettront de clarifier certaines analyses et propositions,. Dès celles-ci  terminées, engageons simultanément au niveau local (départemental par exemple) et au niveau national un échange avec toute les forces sociales qui l’acceptent (partis politiques -anciens ou nouveaux- , organisations syndicales, associations…). Un débat est nécessaire  non pour gérer les  échéances électorales mais faire vivre autrement l’espace public avec les citoyens. Ils ne peuvent  être seulement spectateurs d’une vaine agitation politique.

Notre Tribune de Décembre 2016

BILAN DES CONSEILS CITOYENS : TOUJOURS PAS DE GOUVERNANCE PARTAGEE.

Il y a 8 mois, les Conseils Citoyens ont été créé à Rillieux. Ces conseils proviennent d’une obligation légale dans le cadre de la Politique de la Ville. Les Conseils Citoyens étaient l’occasion de dynamiser la participation des habitants et de mettre la Démocratie Participative au service de notre commune.

Les Conseils Citoyens ont rendu public leur conclusion lors du Conseil Municipal du 16 novembre 2016.

Quel bilan en tirer ?

Leur fonctionnement d’abord : Aucune information alors que, tout autant que leurs conclusions, c’est leur fonctionnement qui est important. En effet, le nombre de participants, la régularité des sessions, l’assiduité des membres, donnent du poids et de la légitimité aux propositions. UN BILAN INCOMPLET.

Les résultats : les Conseils Citoyens ont travaillé sur 3 sujets. Au final, des propositions concrètes, intéressantes. Exemple : des améliorations pour le fléchage des pistes cyclables, l’ouverture d’un passage entre les commerces : Les Boucheries André et la Halle. Nous sommes quand même obligés de constater que leurs travaux restent à l’échelle de la vie quotidienne. Ces Conseils n’ont pas été impliqués dans les projets de rénovation de la commune, pourtant nombreux et d’envergure. FINALEMENT LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE RATE SON DEPART.

Toujours pas de co-construction des projets, LES HABITANTS TOUJOURS PAS ASSOCIES au développement de notre ville. Le maire a conservé la lettre de ces conseils mais Monsieur VINCENDET EN A CONFISQUE L’ESPRIT.

Catherine Ravat et Jean Christophe Darne.

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